A l’occasion du 28ème congrès de l’ANDEV, la Friche la Belle de Mai à Marseille a accueilli durant 3 jours près de 400 acteurs de l’éducation (cadres et élus, associations, enseignants, universitaires…), près de 120 villes, pour débattre et agir au service d’une éducation numérique éclairée, nourrie d’une ambition éducative, citoyenne et inclusive.

Alors que cette édition 2019 s’est achevée sur une dynamique contagieuse, nombreux sont ceux qui souhaitent poursuivre la réflexion en réinvestissant la thématique éducation et numérique ou éducation au numérique, au plus près de leurs territoires.

Dès lors que les actes du congrès seront disponibles, les conférences mises en ligne sur le site internet de l’association, chacun pourra prendre appui sur les contenus des conférences, ateliers et débats qui ont fait la grande réussite de ce temps fort de notre association.

Afin de ne pas perdre le fil des intentions et apports de ces riches réflexions ou contributions, nous pouvons garder en mémoire certains éléments saillants ayant guidé la réflexion.

Les quelques éléments ci-dessous, issus de lectures préparatoires à l’animation des conférences, ateliers ou débats, et des apports issus des différents intervenants, permettent d’ores et déjà de surfer sur la dynamique du congrès.


Alors que Boris CYRULNIK nous rappelait que l’enfant a besoin d’altérité pour se développer, et que ce sont les systèmes d’aller-retour qui sculptent leur cerveau, la multiplication exponentielle des écrans au sein des environnements scolaires, familiaux ou des loisirs questionne le positionnement des éducateurs.

Dès lors qu’il est question d’un fait social total, voire de tsunami numérique, de bombardement sensoriel ou de web qualifié par Rémy RIEFFEL de cimetière de contenus, l’éducation et la formation sont devenues une urgence cruciale. Il n’est pas question de refuser le numérique en arguant de tel ou tel risque ou désastre : être contre la technique, ce serait comme être contre une avalanche de neige nous a rappelé Joël DECARSIN.

Il est donc question d’apprendre l’ère numérique et son potentiel inédit, d’en proposer une utilisation intelligente et raisonnée, dans et hors de l’école.

Chacun des intervenants nous a bien rappelé le travail très important à mener avec les enfants et jeunes qui nous sont confiés, pour une culture des écrans éclairée et avec des garde-fous. Entres autres pistes lues et entendues, des mises en garde, des préconisations ou leviers de progrès :

Mises en garde :

  • La grande dextérité des enfants et des jeunes, quant à la manipulation des outils, cache des manques concernant la compréhension de ces outils et de leurs dérives potentielles.
  • Ne pas nier que le numérique modifie notre rapport au temps, aux espaces et aux relations, en faire un enjeu d’éducation.
  • L’exposition passive aux écrans n’est pas souhaitable car elle remplace les opportunités d’explorations sociales et motrices.
  • Le pire, c’est de perdre du temps sur les écrans, à errer dans la masse de contenus inertes et dans un mode plus ou moins conscient de zapping permanent.
  • Attention donc que l’efficacité de l’outil ne prime pas sur la liberté de conscience.
  • Porter un regard critique sur les applications dites « éducatives » (étiquette fourre-tout). Se poser la question du comment l’application soutient l’apprentissage actif de l’enfant, en inspirant des expériences liées au monde réel et socialement interactives.

Préconisations, leviers pour une approche éducative :

  • Le champ de l’éducateur, qu’il soit parent, enseignant, animateur, encadrant…, c’est d’éduquer à des formes d’autorégulation de l’usage des médias.
  • Pas de diabolisation du numérique mais la volonté d’une éducation progressive, adaptée à l’âge des enfants, préparée et régulée.
  • Vérifier et faire vérifier l’information (avec formation des adultes éducateurs à cet enjeu).
  • Comprendre et faire comprendre comment le web et les applications fonctionnent.
  • S’assurer du maintien de vraies relations humaines même si les relations sur réseaux numériques permettent aussi des logiques de coopération.
  • La maîtrise de l’outil compte moins que la posture de l’éducateur, pour que l’outil devienne créateur de savoir et de citoyenneté.
  • Dans les situations d’apprentissage, se rappeler que l’apprentissage survient lorsque :
    • l’apprenant est actif plutôt que passif.
    • l’apprenant est engagé et n’est pas distrait (attention à l’inondation de stimuli superflus)
    • le contenu a un sens
    • ll est maximisé par l’interaction sociale (dans certaines applications, la technologie requiert que les enfants jouent ensemble ou résolvent des problèmes hors écrans)
  • Faire aussi du numérique un enjeu d’éducation aux aspects éthiques, écologiques, et économiques de ces technologies.

Pas d’angélisme ni de paranoïa ou diabolisation, être éducateur à l’ère du numérique suppose d’accepter et de comprendre cette réalité de manière éclairée, pour la traiter avec réalisme dans un souci d’éducabilité partagée. Il s’agit au final de construire nous-même ce que nous devons faire du numérique, comme nous le propose Jean-François CERISIER en nous invitant à entrer pleinement dans l’âge de faire !

UN APERCU DU CONGRES 2019



VIDEO DU MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE


LE PROGRAMME DU CONGRES


FACILITATION GRAPHIQUE -2 ETUDIANTES DE LA CITE DU DESIGN

ON EN PARLE DANS LA PRESSE

 

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