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12-08-2010
L'enquête menée sur le thème "Europe et Education" est désormais close et a enregistré 25 % de réponses sur les 425 questionnaires envoyés.
Un grand merci à celles et ceux qui ont renseigné leur document d'enquête.
L'analyse des résultats assurée par JCA Consultants est maintenant en cours.
L’ANDEV réfléchit, bien évidemment, sur l’éventualité de création d’EPEP qui concerneraient les écoles communales, le premier degré.
Débats au sein des instances de notre association de directeurs, rencontres avec des représentants syndicaux, audition par des parlementaires, lecture de la presse professionnelle, sont à l’ordre du jour.
Ce premier texte, à partir de l’approche de Bernard MEYRAND (Lyon) permet de structurer notre réflexion.
Nous pensons qu’un large débat est nécessaire, qu’il faut éviter toute précipitation, mais devons contribuer au débat maintenant lancé.
Après avoir dressé le constat de la situation actuelle, nous exposons la problématique de ce projet d’établissement public du premier degré, rappelons des aspects contextuels et énumérons des principes
Chacun le constate, l’école ne se porte pas très bien, les enjeux sont complexes. A l’heure où l’ensemble des pays s’intéressent à leur performance éducative, et sont friands de comparaisons, les dernières évaluations relatives à la classe CM2 (27 à 33% des enfants sont en grande et moyenne difficultés en français et en mathématiques), font dire à Jean Michel Blanquer DGESCO que «avec lucidité – les résultats 2010 sont moyens »
Par ailleurs, cinq ans après l’adoption du socle commun de connaissances et de compétences, sa traduction concrète, dans le quotidien est loin d’être achevée, selon le constat formulé par la mission d’information de l’assemblée nationale dirigée par Jacques Grosperrin.
Chaque année 300 000 jeunes quittent le système scolaire sans qualification.
Enfin, le drame de l’illettrisme qui touche plus de 3 millions de personnes, dont beaucoup de jeunes amène le ministre de l’éducation nationale à vouloir « traiter le mal à la racine, dès la maternelle qui est une étape cruciale dans l’apprentissage des fondamentaux, car c’est à ce niveau que les enfants apprennent le langage et découvrent l’écrit ».
Cependant il ne faut pas négliger une relation très ancienne entre la commune et son école publique.
Les directeurs d’école, quelle que soit la taille de l’établissement, doivent effectuer de multiples tâches autant relationnelles qu’administratives. Et cette responsabilité est de plus en plus délaissée par des professeurs fatigués et désabusés.
L’école évolue, avec des dispositifs multiples, constituant un véritable mille-feuilles d’actions autour de l’accompagnement des enfants, tantôt d’initiative territoriale, ou dispositifs nationaux qui souffrent d’une politique contractuelle chaotique.
L’expérience de la majorité des membres de l’ANDEV à propos de l’école, praticiens au sein des collectivités territoriales qui gèrent les cités d’aujourd’hui, nous apprend que l’école est un espace éducatif en charge des apprentissages fondamentaux, mais est aussi un lieu de vie qui accueille l’enfant.
Il faut prendre en compte l’évolution sociologique et économique de la famille, les enjeux éducatifs. Les parents, premiers éducateurs de leurs enfants, doivent tenir leur place dans le respect des compétences des autres acteurs, mais l’école est aussi le dernier creuset de la citoyenneté et de l’éducation au sens large.
Malgré les risques de ghettos, les quartiers marqués profondément, l’école reste un lieu de rencontre et de discussion.
Ainsi, l'école doit articuler temps scolaire et temps sociaux (périscolaire notamment) pour construire des parcours scolaires et éducatifs cohérents et porteurs de sens dans un cadre qui doit rester national.
L’école vit également sur un « nouveau territoire » avec la dérèglementation annoncée des périmètres scolaires. L’articulation entre primaire et secondaire reste un point singulier généralement à améliorer.
Pour ce faire, nombre de villes ont engagé des démarches au tour d’un Projet Educatif local <b></b>mais global visant à mettre l’ensemble des ressources éducatives d’un territoire au service du projet, et à construire ces articulations entre acteurs.
Ainsi l’ANDEV considère que cette démarche portée par une volonté politique locale constitue un atout dans la construction d’une école répondant aux multiples exigences d’aujourd’hui.
La loi d’orientation de 1989 affichait des mesures structurantes qui ne sont pas toujours en œuvre sur le terrain : c’est le cas de la méthode du projet d’école qui devrait structurer l’ensemble des apprentissages et des activités dans l’établissement ; c’est aussi le cas des cycles qui devraient articuler plus fortement l’école maternelle et l’école élémentaire et assurer un respect du rythme individuel des apprentissages.
La question du statut des directeurs d’école <b></b>reste également posée, compte tenu du cahier des charges qui s’impose aujourd’hui à ces professeurs des écoles, en comparaison à la modestie des moyens affectés.
Rappelons que le code de l’éducation détermine de nombreuses missions pour le directeur : une vision globale - veiller à la bonne marche de l'école, des responsabilités administratives : l'admission des élèves et leur répartition, l’organisation du service des enseignants, l'utilisation des locaux scolaires en temps scolaire.
Mais aussi un rôle de manager en organisant le travail des personnels communaux en temps scolaire, en présidant le conseil des maitres et le conseil d'école. Il organise aussi les interventions tierces dans l’école, intervenants ponctuels mais aussi présences d’auxiliaires (AVS – vie scolaire et aide)
Il est chargé des relations institutionnelles : élection des délégués de parents d'élève, organisation de l'accueil et de la surveillance des élèves et du dialogue avec les familles, il représente l'institution auprès de la commune et des autres collectivités.
Enfin il a un rôle de coordination pédagogique de l’équipe.
Diverses décisions récentes, depuis l’aide personnalisée jusqu’à la semaine de quatre jours donnent le sentiment de mesures unilatérales qui s’imposent aux collectivités territoriales, laissant à la bonne volonté des acteurs locaux le soin de trouver les solutions adéquates.
Alors que beaucoup de maires croyaient à des politiques contractuelles visant à la cohérence dans un cadre partenarial des actions : Contrat éducatif local, Réseaux ambition réussite, et divers programmes de réussite (Education nationale seule, ou politique de la ville).
Ajoutons également la nécessaire rationalisation de l’utilisation de l’argent public, la nécessité d’améliorer l’efficience de la dépense publique.
Cet établissement public est-il la réponse cohérente aux enjeux d'aujourd’hui ? Pour quoi faire ? A quelles conditions ?
L’enjeu d’un établissement public est à apprécier entre :
Un contenu de base national - socle commun, formation des enseignants - une gestion départementale du corps des professeurs des écoles, et elle reste très attachée au principe de libre administration des collectivités territoriales permettant l’émergence d’un service public de l’éducation qui ambitionne de fédérer les initiatives multiples dans ce domaine et respecte les spécificités locales (langues régionales etc..)
De fait, l’expérimentation d’établissements publics dans le premier degré peut constituer une réponse aux problèmes actuels sous certaines conditions.
· L’ANDEV veut promouvoir sa vision républicaine d’une école pour tous. Des programmes nationaux forment un contenu de base (socle commun, gestion et formation des professeurs) tout en défendant la libre administration des collectivités territoriales
· Le processus éventuel de création d’établissements publics du premier degré doit être basé sur la volonté de la commune qui a la compétence légale de création et suppression des écoles. Il ne doit pas y avoir de processus automatique. Il doit être assez souple pour s’adapter aux réalités diverses (grandes villes, intercommunalité, rural, …). L’avis conforme de l’État et des conseils d’écoles est indispensable.
· Les écoles communales ou intercommunales doivent être des établissements d’éducation prenant en compte tous les temps de l’enfant, tout en préservant la spécificité du temps scolaire, noyau de son existence.
· Le principe de gestion partenariale Etat / commune / personnels / parents / acteurs du territoire doit être consacré tout en veillant aux équilibres. Les champs de compétence dévolus à ces établissements doivent être définis selon le principe de la subsidiarité. Les financements doivent être déterminés précisément.
· Les parents doivent être reconnus comme des acteurs et pas seulement des sujets, ils doivent respecter l’autonomie des professionnels et défendre l’intérêt général. Ils doivent avoir les éléments objectifs pour porter une réflexion globale.
· L’autonomie des professionnels et l’insertion de l’école dans son territoire seront articulées pour mobiliser les ressources éducatives locales dans le respect des objectifs de chacun. L’intervention du monde associatif reste possible, dans le cadre de contrats précis garants de la qualité et de la pérennité des interventions.
· La place de la commune doit être reconnue structurellement ainsi que celle de ses personnels. Il convient de penser un débat technique et un débat politique en fonction des projets de territoires.
· Les réseaux d’école (RPI en zone rurale notamment), imposés le plus souvent dans l’urgence, doivent être réexaminés pour créer des situations stables, respectant tous les impératifs locaux.
· On doit passer progressivement de l’enseignant isolé à l’équipe éducative. L’école a besoin de tous ses professionnels dont les rôles complémentaires sont reconnus. L’articulation entre le directeur et l’équipe éducative est à construire dans un équilibre efficacité / implication de tous. Le rôle spécifique du directeur, avec de multiples missions, doit être reconnu comme un chef de file fédérant les différentes composantes et assurant la cohérence de l’ensemble.
· Une telle évolution nécessite formation des personnels et imagination quant aux nominations en fonction des réalités locales. Déterminer une gouvernance adaptée, tenant compte du statut des directeurs d’école, et d’une contractualisation pluriannuelle de l’affectation des moyens.
· Passer d’une logique d’une classe (enfants – professeur) à une logique d’établissement intégré dans son îlot de vie (bassin), son quartier, sa ville, l’intercommunalité.
Le présent document de travail est de nature à structurer la réflexion, il approfondit les questionnements et n’est absolument pas une vision figée.